Jeu de stratégie sans pay to win : comment le reconnaître, et lesquels choisir
Le pay to win, c’est le moment où l’argent décide de la partie à votre place. Voici une définition précise, une méthode pour le repérer avant d’y laisser des heures, des jeux de stratégie qui l’évitent, et ce que Solwaris vend exactement.

Tout joueur de stratégie a vécu la scène : une partie bien menée, un plan solide, et en face un adversaire qui aligne des unités qu’on ne peut pas obtenir sans payer. La défaite n’a rien appris, sinon que la carte bancaire était un meilleur général que vous. Chercher un jeu de stratégie sans pay to win, c’est chercher l’inverse : un jeu où l’on perd parce que l’autre a mieux joué.
Encore faut-il savoir ce que « pay to win » veut dire exactement. Le mot est souvent jeté à la légère, pour tout jeu qui a une boutique. Il mérite une définition plus précise.
Pay to win : une définition précise
On parle de pay to win quand l’argent permet d’acheter un avantage compétitif sur les autres joueurs : de meilleures armes, des statistiques, des ressources, ou des objets qu’on ne peut pas obtenir autrement. À l’inverse, les achats purement cosmétiques (apparences, animations, décors) ne sont pas du pay to win : ils changent l’allure, pas le résultat.
Entre ces deux pôles, il existe plusieurs modèles, qu’il vaut mieux distinguer :
| Ce que l’argent achète | Exemple | Pay to win ? |
|---|---|---|
| Des apparences sans effet | Les objets de la boutique de Dota 2 | Non |
| Le jeu lui-même, une fois | XCOM 2, Into the Breach | Non |
| Du contenu en plus (extensions) | Les extensions de Dominion Online | Pas en soi, si les parties restent équilibrées |
| Du temps (accélérer une construction) | L’or de Travian, les diamants de Forge of Empires | Oui, dès qu’on affronte d’autres joueurs |
| De la production ou de la puissance | Les bonus de production de Travian | Oui |
| Une collection plus vite | Les paquets de cartes de Hearthstone | Zone grise : les paquets s’obtiennent aussi avec l’or gagné en jouant, mais plus lentement |
La ligne de partage est simple : est-ce que ce que j’achète compte contre l’autre joueur ? Si oui, c’est du pay to win, quel que soit l’emballage.
Le cas d’école : Star Wars Battlefront II (2017)
L’exemple le plus cité reste Star Wars Battlefront II d’Electronic Arts, en novembre 2017. Le jeu était vendu à prix plein, mais ses coffres payants contenaient des « Star Cards » qui augmentaient les statistiques des personnages selon leur rareté. Les joueurs ont calculé qu’il fallait des dizaines d’heures de jeu pour débloquer certains héros sans payer, et la colère a gagné les réseaux sociaux.
La veille du lancement officiel, EA a désactivé tous les achats en jeu. Le studio est ensuite passé à un modèle où l’on ne vend que des objets cosmétiques. L’affaire a été couverte bien au-delà de la presse spécialisée, jusque dans la presse économique.
Ce n’est pas un jeu de stratégie, mais la leçon vaut pour tous les genres compétitifs.
Comment repérer le pay to win avant de s’investir
Le pay to win se cache rarement dans la première heure. Il apparaît quand on commence à affronter des joueurs plus avancés. Quelques vérifications, avant de s’attacher :
Un indice supplémentaire : le genre du jeu. Les mondes persistants (où l’on construit une ville pendant des semaines) vendent facilement du temps. Les jeux à parties courtes, où chacun repart de zéro à chaque partie, ont beaucoup moins à vendre sans casser l’équité. Nous avons appliqué cette grille à une sélection de jeux navigateur de stratégie gratuits.
Des jeux de stratégie qui évitent le pay to win
Gratuits, sans rien à acheter qui compte
- Lichess : les échecs, entièrement gratuits et sans publicité, portés par une association à but non lucratif qui vit de dons.
- Freeciv-web : le clone libre de Civilization, dans le navigateur. Logiciel libre, rien à acheter.
- Advance Wars By Web : la guerre tactique, sur un site de fans gratuit, actif depuis 2004.
Gratuits, avec une boutique cosmétique
- Dota 2 (Valve) : ce n’est pas un jeu au tour par tour, mais c’est un exemple souvent cité. Tous les héros sont gratuits, et Valve a annoncé dès le départ que la boutique ne vendrait que des objets cosmétiques, pour que personne ne puisse acheter un avantage compétitif.
Payants une fois, sans boutique qui pèse sur le jeu
Le modèle le plus ancien reste le plus simple : on achète le jeu (et parfois des extensions de contenu), et tout le monde joue avec les mêmes règles. XCOM 2, Into the Breach ou Heroes of Might and Magic III entrent dans cette catégorie. Pour un duel en ligne, la question de l’équité se pose alors seulement entre joueurs, pas entre portefeuilles. Si c’est le duel qui vous attire, nous avons comparé les jeux 1v1 en ligne sous l’angle de l’équité.
Le modèle de Solwaris, sans détour
Solwaris est un duel tactique au tour par tour, gratuit, dans le navigateur. Puisque nous en parlons ici, voici exactement ce qui s’y paie et ce qui ne s’y paie pas, tel que le décrit le guide de l’économie.
Ce qui est gratuit : tout le jeu. Les 6 classes et leurs 48 sorts, les duels classés, les ligues, l’entraînement contre l’IA, le mode spectateur. Un wallet Solana gratuit suffit pour créer le compte, sans transaction.
Ce qui se vend : des objets d’apparence. Des apparences, des armes (visuelles) et des auras, ainsi qu’une piste premium du Passe de combat. Les objets communs s’achètent avec des Waris gagnés en jouant.
Ce que ces objets ne changent pas : le combat. Aucun objet acheté ne modifie les dégâts, les portées, les points d’action ou de mouvement, ni quoi que ce soit qui décide d’un duel. Deux Ombres, l’une en apparence légendaire et l’autre dans sa tenue de départ, ont exactement les mêmes sorts et les mêmes chiffres.

Ce qui ne se vend pas du tout. Pas de chance cachée : les skins se gagnent dans des cristaux au contenu aléatoire, mais chaque chance est publiée avant d’ouvrir, et aucun skin ne rend plus fort. Pas de NFT ni de revente d’objets entre joueurs, et le jeton du jeu, le Waris, se gagne en jouant et n’est pas échangeable. Et l’initiative (le droit de jouer en premier) se dispute aux enchères en Waris, jamais en argent réel.
Nous pensons qu’un jeu de duel ne tient que si le perdant peut se dire : « il a mieux joué ». C’est la seule règle que la boutique n’a pas le droit de toucher.

En résumé : la question à se poser
Avant de vous investir dans un jeu de stratégie, posez une seule question à sa boutique : « si j’achète ceci, est-ce que je gagne plus souvent ? » Si la réponse est non, jouez l’esprit tranquille. Si c’est oui, ou si la boutique fait tout pour que la question reste floue, vous savez déjà qui gagnera les parties serrées.

Un duel tactique au tour par tour, lancé en quelques secondes
Choisissez votre héros, placez-vous, et battez un autre joueur ou une IA au tour par tour. Aucune installation : ça se joue ici, maintenant.
Questions fréquentes
C’est quoi le pay to win ?
Un jeu est dit pay to win quand l’argent permet d’acheter un avantage compétitif sur les autres joueurs, par exemple de meilleures armes, des statistiques ou de la production. Les achats purement cosmétiques, comme les apparences, n’en font pas partie.
Comment savoir si un jeu est pay to win ?
Lisez la boutique avant de jouer. Si l’argent achète quelque chose qui compte contre les autres joueurs, comme de la puissance, de la vitesse ou des ressources, l’avantage se paie. Vérifiez aussi si les mêmes objets peuvent s’obtenir en jouant, et en combien de temps.
Quels jeux de stratégie ne sont pas pay to win ?
Lichess, Freeciv-web et Advance Wars By Web sont gratuits, sans rien à acheter qui compte en partie. Dota 2 ne vend que des objets cosmétiques. Les jeux achetés une fois, comme XCOM 2 ou Into the Breach, n’ont pas de boutique qui influe sur le jeu.
Solwaris est-il pay to win ?
Non. Tout le jeu se joue gratuitement, et aucun objet acheté ne change les dégâts, les portées ou les points d’action. La piste premium du Passe de combat donne des Waris en plus, qui servent notamment à l’enchère d’initiative.
OmbreMi-distance · Pièges / Hasard
GuerrierMêlée · Assaut / Gardien
ArcanisteDistance · Assaut / Soin

