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Play to earn

Play to earn : c’est quoi, et est-ce une arnaque ?

Le play to earn promettait d’être payé pour jouer. Quelques années plus tard, les chiffres racontent surtout des jetons effondrés, des joueurs partis et des jeux fermés. Voici ce que recouvre vraiment le terme, pourquoi le modèle a si souvent déçu, et les questions à se poser avant de mettre un euro dans un jeu.

Par L’équipe Solwaris · · 6 min de lecture

Un duel de Solwaris : une Brute vient de poser une Fosse près d’elle, face à un Arcaniste et à son Élémentaire de flamme, dans une arène de ruines bordée de fossés
Capture de Solwaris, un jeu gratuit sans NFT : une Brute face à un Arcaniste. Les jeux play to earn cités dans l’article sont d’autres jeux.

« Gagner de l’argent en jouant » : la promesse a fait exploser le play to earn en 2021, puis l’a fait retomber aussi vite. Le terme revient pourtant sans cesse, souvent accompagné d’une question légitime : est-ce une arnaque ? La réponse honnête est nuancée. Le modèle n’est pas frauduleux en soi, mais la plupart des jeux qui s’en réclamaient ont fini par coûter plus qu’ils ne rapportaient à la majorité de leurs joueurs. Cet article explique le mécanisme, les échecs documentés et les risques, sans vous vendre de jeton.

Play to earn : la définition simple

Un jeu play to earn (« jouer pour gagner », souvent abrégé P2E) permet d’obtenir en jouant des actifs qui ont une valeur marchande en dehors du jeu. Dans la plupart des cas, il s’agit :

  • de jetons (tokens), des cryptomonnaies créées par le jeu lui-même et échangeables sur des plateformes ;
  • de NFT, des objets numériques uniques (personnages, terrains, cartes) enregistrés sur une blockchain et revendables entre joueurs.

La différence avec un jeu classique tient à un point : un objet gagné dans un jeu ordinaire ne sort pas du jeu. Dans un P2E, il peut être vendu contre de l’argent. Et c’est justement là que tout se joue, car pour qu’un joueur vende, il faut qu’un autre achète.

Les trois façons dont un jeu peut « payer »

Tous les jeux dits play to earn ne fonctionnent pas pareil. Les distinguer est la meilleure protection.

ModèleD’où vient l’argent gagnéExempleRisque principal
Jeton de récompenseDe nouveaux jetons créés par le jeu, revendus à d’autres joueursAxie Infinity (jeton SLP)Le jeton perd sa valeur quand les acheteurs se raréfient
Objets NFT à revendreDes acheteurs d’objets sur un marché secondaireGods Unchained (cartes NFT)Le marché se vide, l’objet ne vaut plus rien
Compétition payanteLes frais d’entrée ou les mises des autres joueursBR1: Infinite (1 $ pour apparaître, 1 $ par élimination)On perd sa mise ; le cadre légal varie selon les pays

Le premier modèle est le plus fragile. Un jeu qui crée des jetons à chaque partie en met toujours plus en circulation. Tant que de nouveaux joueurs les achètent pour entrer, le cours tient. Quand ils s’arrêtent, l’offre dépasse la demande et le cours s’effondre.

Pourquoi le modèle a si souvent déçu

L’histoire d’Axie Infinity, le jeu qui a popularisé le terme, résume presque tout :

  • Son jeton de récompense, le SLP, a perdu plus de 99 % de sa valeur de sommet lors de la chute de février 2022, d’après Wikipédia.
  • Le nombre de joueurs actifs par jour est passé d’un pic de 2,7 millions à environ 250 000 en avril 2023.
  • Des « guildes » prêtaient des personnages à des joueurs, surtout aux Philippines, en échange d’une commission sur leurs gains qui pouvait atteindre 75 %. Le système a été comparé au gold farming.
  • En mars 2022, le pont de la blockchain Ronin utilisée par le jeu a été piraté pour environ 625 millions de dollars.
  • Le 7 janvier 2026, le jeu a arrêté de distribuer du SLP dans son mode classé, à cause des bots.

Axie n’est pas un cas isolé. Selon DappRadar, le jeu sur blockchain est passé de 5,8 millions de portefeuilles actifs par jour au premier trimestre 2025 à 4,66 millions au troisième. En 2025, au moins une vingtaine de jeux crypto ont fermé ou abandonné la blockchain, dont Nyan Heroes, un jeu Solana arrêté en mai 2025 faute de financement, dont le jeton avait perdu environ 98 % depuis son sommet.

Alors, arnaque ou pas ?

Il faut distinguer trois choses.

  1. Les escroqueries pures existent : des projets lèvent de l’argent sur une promesse de jeu, vendent des NFT, puis disparaissent. Ce n’est pas propre au jeu vidéo, mais le P2E en a connu beaucoup.
  2. Les modèles intenables sont plus fréquents : pas de fraude, mais une économie qui ne peut tenir qu’en grandissant. Les premiers arrivés gagnent, les derniers perdent. Pour le joueur, le résultat ressemble à une arnaque, même quand personne n’a menti.
  3. Les jeux sérieux existent aussi : des studios qui continuent de mettre à jour leur jeu et où l’économie en crypto est un à-côté. Même là, la valeur des objets et des jetons reste volatile.

La bonne question n’est donc pas « le play to earn est-il une arnaque ? », mais « d’où vient l’argent que ce jeu promet ? ».

Les risques concrets, avant de payer quoi que ce soit

  • Perte en capital : un NFT d’entrée ou un jeton acheté peut perdre l’essentiel de sa valeur en quelques semaines.
  • Sécurité : un portefeuille crypto mal protégé, un faux site, un lien piégé, et les fonds partent sans recours. Les ponts entre blockchains ont été la cible de piratages massifs, comme celui de Ronin.
  • Fermeture : un jeu arrêté laisse des objets qui ne servent plus à rien.
  • Temps : le « gain » d’une heure de jeu, une fois le coût d’entrée amorti, est souvent très faible. Ce n’est pas un revenu.

Une checklist en cinq questions

Et si vous cherchez surtout un bon jeu

Beaucoup de gens arrivent au play to earn en cherchant en réalité autre chose : un jeu compétitif où le niveau compte. Pour ça, pas besoin de crypto. Solwaris, par exemple, est un duel tactique 1 contre 1 au tour par tour, jouable gratuitement dans le navigateur, sans téléchargement, avec un portefeuille pour seule inscription : 6 classes, des ligues classées avec une cote par classe, un entraînement contre l’IA et un mode spectateur. On n’y gagne que de l’expérience et des Waris, et les apparences de la boutique ne changent aucune règle. Le jeu propose aussi, en option, des combats à mise en USDC ; sinon, le portefeuille ne sert qu’à créer le compte, par une signature sans transaction.

C’est un jeu jeune, avec une petite communauté : aux heures creuses, la file peut rester vide, et l’entraînement contre l’IA, un mode à part qui ne compte pas pour la ligue, permet de jouer en attendant. Si c’est le tour par tour qui vous attire, notre sélection de jeux tour par tour vous donnera d’autres idées.

Cet article est informatif et ne constitue ni un conseil financier ni un conseil juridique. Axie Infinity, Gods Unchained et BR1: Infinite sont des marques de leurs éditeurs respectifs ; Solwaris n’a aucun lien avec eux.

Les six héros de Solwaris dans l’arène

Un play to earn où c’est votre jeu qui paie

Choisissez votre héros, placez-vous, et battez un autre joueur ou une IA au tour par tour. Aucune installation : ça se joue ici, maintenant.

Questions fréquentes

Le play to earn, c’est quoi exactement ?

C’est un modèle de jeu vidéo où le joueur peut gagner des actifs qui ont une valeur marchande hors du jeu, le plus souvent des jetons de cryptomonnaie ou des NFT. Ces actifs peuvent ensuite être revendus, ce qui suppose que quelqu’un veuille les acheter.

Le play to earn est-il une arnaque ?

Pas par nature, mais beaucoup de projets reposaient sur l’arrivée continue de nouveaux joueurs pour faire tenir la valeur de leur jeton. Quand les arrivées ont ralenti, les récompenses se sont effondrées. Certains projets étaient aussi de simples escroqueries. Il faut juger chaque jeu sur la façon dont il paie.

Peut-on perdre de l’argent avec un jeu play to earn ?

Oui. On peut perdre ce qu’on a payé pour entrer, voir le jeton de récompense perdre presque toute sa valeur, se faire voler son portefeuille ou voir le jeu fermer. Ne mettez jamais dans ce type de jeu une somme que vous ne pouvez pas perdre.

Existe-t-il des jeux play to earn gratuits ?

Certains se jouent sans achat, mais les gains y sont souvent faibles ou réservés aux joueurs qui ont payé. Si vous cherchez surtout un bon jeu, un jeu gratuit sans économie en crypto reste l’option la plus sûre.

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